Plants and Animals

BIO

Automne. « Il est temps d’écrire un nouvel album », se sont-ils dit. « Comment allons-nous procéder? Différemment. Cette fois-ci, écrivons un tas de chansons et travaillons-les avant d’entrer en studio – changeons la routine d’écrire lorsque nous sommes déjà en enregistrement; évitons ce sentiment d’urgence. Écrivons en huis-clos, sans compter les heures et en prenant notre temps… Comme les gens normaux. » « Je réserve le Treatment Room alors » dit Nic. Hiver. Ils travaillent les après-midis. Le Treatment Room est un studio à Montréal où ils ont enregistré Parc Avenue, ainsi que la majorité de La La Land. Les murs sont bruns et blancs, il fait plutôt sombre à l’intérieur. Dehors, il fait plutôt sombre aussi. La ville est brune et blanche, couverte de glace. Ils placent quelques micros et enregistrent sur un ordinateur portable. Warren, qui vient de passer du temps dans un appartement avec un piano, déborde d’idées. Il faut croire que c’est parfois l’outil de choix. Il alterne ainsi entre le piano et la guitare acoustique, qui était d’ailleurs moins présente sur le dernier opus. Elle est soudainement pleine de vie. Ils jouent. Warren est géométrie, émotions et chair. Nic est celui qui ajoute les couleurs. À la guitare, il est l’équivalent de prendre un magnifique veston bleu et le tourner à l’envers pour porter la doublure rose néon, un peu à la Fresh Prince of Bel Air. Il a tout un tas de pédales poussiéreuses et un petit ampli, le Kalamazoo qui chante comme une cicada. Woodman, quant à lui, tape sur sa batterie – bam bam – telle une pieuvre, ting ting – telle une araignée à longues pattes. À la recherche de quelque chose de différent, ils s’arrêteront sur une simplicité musicale bien volontaire. Printemps. Ils prennent un temps d’arrêt du démo. Nic partage la pile de chansons crues aux autres membres du groupe. Warren retourne chez lui et bouche les trous des textes. Ils sont forts, singuliers et ils se tiennent debout. Sa voix, quant à elle, est beaucoup plus profonde qu’auparavant, elle provient de son torse et elle résonne dans sa gorge en s’imposant, comme si elle avait muri avec le temps. Il n’a jamais chanté de cette façon. Le soleil est sorti et Warren écrit alors quelques pièces plus lumineuses que le groupe va essayer en studio, exactement ce qu’ils s’étaient promis de ne pas faire. Mais qui n’aime pas le soleil ? Le studio est celui de La Frette, à Paris. Ils y ont goûté un peu auparavant. La Frette est un grand manoir d’une certaine époque avec une console vintage qui donne le sentiment d’être le capitaine d’un énorme bateau. Ils dorment là bas. Mangent et jouent aussi là bas. Ils se plaisent à déguster du fromage et à boire du vin. Les oiseaux roucoulent à l’extérieur du matin au soir. Ils se sont installés dans le salon, la bibliothèque, la cave à vin ainsi que dans la pièce du piano au sous-sol. Les deux semaines sont enchanteresses, les oiseaux chantent le printemps qui s’éveille. Non, pas tout a fait. Woodman n’a pas fait ses devoirs. Warren est très nerveux. Le studio peut être un serviteur qui ne pardonne pas. Ils ont la chance d’avoir avec eux un ingénieur de son exceptionnel, Lionel Darenne, qui vient tout juste de terminer l’enregistrement de l’album Metals de Feist, sur la côte de la Californie. Autour du cinquième jour, la magie commence à opérer. Quelque part vers le dixième jour, un voisin se plaint que c’est dimanche, et qu’il ne désire pas avoir « le rock’n’roll » dans sa cours pendant qu’il reçoit sa famille à souper. Ils prennent alors une journée de congé forcé, prolongent leurs billets d’avion pour enlever la pression et finissent l’enregistrement en douceur. Ça semble si simple. Ce fût épique. And that was the End of That. Été. Le mix, le mix, le mix. Est-ce si important ? Vraiment plus intéressant : La basse. « Commençons à jouer avec un bassiste en spectacle » s’est dit le groupe à l’unisson. Plants and Animals existe depuis maintenant 10 ans. Le groupe a commencé en tant que formation instrumentale et a enregistré en 2002 un album homonyme avec des pièces longues de 15 minutes. Plants and Animal a joué partout à Montréal et dans les environs pendant plusieurs années, sans voix, en misant beaucoup sur l’improvisation. Warren s’est éventuellement mis à chanter avec d’autres et rapidement il ne pouvait plus se contenir. Éventuellement, les silences sont devenus des ooooohs et les oooooohs sont, à leur tour, devenus des mots. En 2008, après deux années à travailler sur un projet intitulé Parc Avenue, le groupe part enfin en tournée loin de leurs sentiers battus. Parc Avenue est un disque rempli de sons de guitare, de batterie et de chant avec tout un tas d’orchestration. Il fût nominé au Prix de musique Polaris, au Junos deux fois et au GAMIQ trois fois. Plants and Animals a assuré la première partie de Grizzly Bear à Montréal et a complété leur première tournée avec Wolf Parade. Le producteur Danger Mouse a mis la patte sur l’album et a invité le groupe à faire la première partie non seulement de Gnarls Barkley mais plus tard aussi de Broken Bells. The National a aussi invité le groupe à ouvrir pour eux dans le Central Park à New York City. Puis, Plants and Animals fût la tête d’affiche de plusieurs tournées en Amérique du Nord ainsi qu’en Europe. En 2010, La La Land sort en magasin. Une envolée plus sombre et pesante que Parc Avenue, qui s’est érigé entre temps au rang d’album culte favori. Avec cet album, le groupe a joué plus d’une centaine de spectacles durant l’année, incluant une longue tournée aux États-Unis avec Frightened Rabbits. À la prestation au Festival de musique de Pitchfork l’été précédent, la bande a pu ajouter à leur liste le Festival Primavera à Barcelone, Bumbershoot à Seattle, End of the Road dans la campagne Anglaise, une tête d’affiche au Festival international de Jazz de Montréal et plusieurs autres. Imaginons que Plants and Animals est un individu. Parc Avenue serait son enfance, disons à 8 ans. Excité, innocent, les yeux grands ouverts et le cerveau qui bouillonne. La La Land serait son adolescence. Un corps changeant avec de nouvelles habiletés excitantes et angoissantes, peu sûr de soi-même, arrogant, fort, volatile, voir même graisseux. The End of That représente alors la vingtaine. En confiance avec de nouveau atout, jeune, plein d’espoir, vivant de dur moment, mais, qui ne manquera pas la fête ce soir, pour rien au monde. Automne. « Nous adorons la basse » crie à l’unisson le groupe et le public. « Elle colle tout ensemble et rends les pièces multidimensionnelles, gigantesques, dynamiques et sexy. »

Suivez Plants and Animals

Extraits

Prochains concerts